Heliominos

Poupette – âne

Avertissement : Certaines images contenues dans la galerie photos peuvent heurter votre sensibilité !

 

Sexe: Femelle

Taille: 1m25

Robe: noire

Année de naissance: 2004

Race: Âne Normand

Voici l’incroyable histoire de Poupette

En Novembre 2008, un ami de mon propriétaire m’a chargée dans une remorque pour me changer de pré accompagnée de ma fille « Nanette » âgée de 10 mois.

Le plancher a cédé et je me suis retrouvée le membre arrière droit fracassé sur la chaussée, le conducteur a continué de rouler, mon membre trainant tout le long du trajet. Lorsque le véhicule s’est arrêté au bout de plusieurs kilomètres, je ne pouvais plus m’appuyer sur mon membre, on nous a débarqué sans délicatesse et mis dans un pré sous une pluie glaciale. Je souffrais tellement que je n’osais même plus bouger, j’avais faim, soif et froid, ma petite Nanette ne comprenait pas pourquoi je ne pouvais m’occuper d’elle. La journée et la nuit passèrent, personne ne venait pour me soulager, j’étais à bout de force tellement je souffrais, la pluie glacée continuait à tomber et je ne pouvais même pas me déplacer pour me mettre à l’abri. Je luttais contre cette chose qui me faisait tant mal, je voulais me coucher mais non je devais rester debout pour ma fille sinon comment pouvait t-elle téter ! Des humains passaient prés de nous mais personne ne venait m’aider, il est vrai que je suis sauvageonne car je n’ai jamais reçu d’affection venant de l’humain mais là j’étais tellement mal que je me serais mise à genou devant le premier venu pour qu’il vienne m’aider, mais rien!

Les heures passaient, je me sentais de plus en plus mal quand soudain, miracle, deux dames sont arrivées dans ma direction (Monique, la secrétaire de l’association Hêliominos m’ayant vu avec ma plaie dans le pré avait rapidement prévenu Nathalie, la présidente de mon état). Mon membre fut rapidement examiné et vu mon état critique Nathalie fit venir un camion pour nous emmener et fit prévenir mon propriétaire que j’étais évacuée en urgence vers le refuge d’Hêliominos. Je n’en pouvais plus, je ne pouvais même pas avancer jusqu’au camion. Pas à pas, on m’a soutenu jusqu’au camion où là je me suis effondrée au pied du pont.  Mes forces m’abandonnaient et j’étais glacée par cette mauvaise pluie. Ils ont attrapé ma fille et l’ont chargée dans le camion, j’étais soulagée pour elle, moi c’était fini, je ne pouvais plus me lever. Nathalie accompagnée de 3 hommes arriva et tout en me portant ils me déposèrent sur mes 3 pattes dans le camion. Durant le trajet le véhicule roulait tout doucement et Nathalie me soutenait à chaque virage pour éviter que je ne tombe de nouveau. Ma fille fut débarquée chez Monique qui se proposa de s’occuper d’elle.

Arrivée enfin au refuge, on me dirigea vers une grange ou un bon lit de paille m’attendait, quel soulagement, je pouvais enfin me coucher au chaud et au sec ! Mon état de santé était critique: Fracture ouverte du canon et du boulet, plaie infectée, hypothermie et état de choc dû à la douleur, le verdict était l’euthanasie.

Le 23 Novembre 2008 aurait dû être mon dernier jour mais c’était sans compter la ténacité de Nathalie qui refusait l’euthanasie car elle disait que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et que tant que je voudrais me battre pour vivre et bien elle m’aiderait quoi que ça coûte, ça l’avait mise en colère d’entendre dire que ça couterait moins cher d’acheter un âne en bonne santé que de me faire soigner !  Le combat pour me sauver venait de commencer ! Nathalie passa les premières 48 heures à mes cotés, me faisant les soins nécessaires pour me soulager, me désinfecter mais aussi me réchauffer car je n’avais plus que 32,4°c de température et l’hypothermie pouvait elle aussi me prendre la vie. Ne pouvant me lever seule, on me soulevait pour me mettre debout car il ne fallait pas que je reste en position couchée tout le temps. Un gros pansement feutré me maintenait le membre et permettait à Nathalie de désinfecter cette plaie horrible tous les jours.

Mais Nathalie n’était pas contente d’elle, impossible de trouver le moyen pour garder mon membre dans l’axe pendant les soins pour éviter que les chairs ne s’arrachent à chacun de mes mouvements !

Nathalie voulant trouver un moyen d’immobiliser mon membre contacta son ami Fabrice, le maréchal-ferrant de l’association. Les talents de bricoleur de son conjoint Patrick et de Fabrice permirent de mettre au point ma première attèle de contention, les pauvres passèrent plus de 4 heures à réfléchir, bricoler, essayer, un vrai talent de patience et tout cela pour moi, simple ânesse comme certains le pensent ou le disent !

Le résultat ? Une attèle forgée qui me fixe le pied et le canon dans l’axe maintenue par le pansement. C’est assez concluant mais les jours passants, Nathalie se rend compte que le maintien n’est pas assez fixe en latéral et que ça ne soutient pas assez durant les soins.

Le trio se mit encore à réfléchir, tester, inventer, mais jusqu’où sont-ils capables d’aller pour me sauver? Il y en a déjà beaucoup qui auraient laissé tomber et auraient opté pour la piqûre du sommeil éternel, surtout que voilà déjà 6 semaines qu’ils me soignent et que je commence juste à me relever seule ! Quelle patience !!

La nouvelle invention ? Un plâtre moulé sur l’attèle. Celui-ci fut coupé sur la face puis ajusté et plaqué le long de mon membre et maintenu par une bande. Seul hic, c’est encore trop lourd et peu pratique pour faire les soins car l’eau et les produits désinfectants détruisent le plâtre. Après réflexion, on refait le même modèle mais cette fois à base de bandes en résine, et là, super, non seulement c’est très léger pour moi mais en plus Nathalie est rassurée lorsqu’elle me fait les soins car même si je gigote dans tous les sens, plus rien ne bouge !! Génial ! Merci à vous trois…Cette super invention me permet de prendre appui sur mon membre sans trop souffrir, je peux me relever sans aide et surtout je peux enfin me déplacer autour de ma grange et fouiner partout à la recherche d’un petit truc à grignoter.

Nous sommes fin janvier, je me déplace de mieux en mieux et surtout je commence à me balader de plus en plus loin de la maison ce qui me vaut d’être mise au pré, fini la divagation et fini de faire cavaler Nathalie. Me voilà dans un pré, je ne suis pas contente mais bon, il parait que c’est pour ma sécurité ! Pour ne pas que je sois seule dans le pré, on me met une jument qui a du mal à se déplacer, elle s’appelle Cosette, c’est une montagne blanche, je fais minuscule à coté d’elle mais je n’en ai pas peur car non seulement elle est cool mais en plus elle ne peut pas me bousculer car je me déplace plus vite qu’elle !

Tous les jours, on a droit toutes les deux à nos soins et un matin, drôle de surprise, dans mon pansement Nathalie découvre un morceau d’os de 15 centimètres, je ne vous dis pas sa surprise! J’en rigole encore en pensant à la tête qu’elle faisait ! Moi, j’étais enfin soulagé que cet os se décide enfin à sortir de ma jambe car sectionné aux deux extrémités, il ne servait à rien et me faisait un mal de chien. Vous allez vous demander comment je fais pour me déplacer avec un morceau d’os en moins, et bien dame nature m’a fabriquée une bonne fibrose, c’est dur, et ça remplace mon os ! Bon, c’est vrai que ça me fait une grosse déformation mais je m’en fiche je ne veux pas faire mannequin ni âne de courses, alors ma gambette même si elle n’est pas esthétique, elle me permet de marcher et c’est le principal !

Nous voilà en Avril, ça fait déjà 5 mois qu’on me soigne tous les jours, les chairs commencent à bien bourgeonner et mon membre reste enfin dans son axe, Nathalie décide donc de me retirer l’attèle et la remplace par un bandage de contention. Chouette, c’est plus souple et confortable ! Un vétérinaire est venu faire des radios à ma copine Cosette qui n’est pas très en forme depuis son arrivée, ses pieds sont dans un sale état et ce n’est pas pour me moquer d’elle mais elle pue des pieds. Nathalie en a profité pour faire aussi une radio de ma gambette car elle a toujours du mal à comprendre comment je fais pour la faire courir autant avec un bout d’os en moins ! Les radios n’étant pas top, elle se posera toujours la question et moi je la ferais toujours courir !!!

Comme vous pouvez  le voir sur les photos, je suis en pleine forme et pourtant début mai, j’ai échappé encore une fois à la mort, cette fois, rien à voir avec ma gambette ! Lorsque Nathalie m’a récupérée en Novembre 2008, j’étais pleine et j’aurais dû donner naissance à une petite ânesse mais le destin en a voulu autrement. Un matin Nathalie me surveillait de très prés car elle me trouvait bizarre, je voulais pouliner mais rien ne voulait sortir, le vétérinaire est venu en urgence et à eux deux, ils ont mis plus de 40 minutes à me délivrer d’une jolie petite ânesse qui n’aura pas eu la chance de découvrir la vie, le cordon ombilical entouré autour des membres arrières, une position en siège, elle était morte en moi depuis plus de 24 heures, sans la surveillance de Nathalie, j’aurais pu également y laisser la vie. Moi, je n’ai pas trop réalisé ce qui s’est passé mais ce que j’ai remarqué c’est l’attitude de Nathalie, elle avait la haine, elle n’arrêtait pas de dire  » ma pauvre Poupette, pourquoi t’arrive- t-il autant de malheur !! » J’y comprenais rien à sa tristesse car moi, je suis heureuse car depuis que je suis arrivée au refuge on me traite comme une princesse.

Nous sommes en août, voici 9 mois qu’on me soigne, ma gambette va de mieux en mieux, terminé les pansements, juste des soins locaux sont nécessaires pour continuer la cicatrisation et l’amélioration de l’apparence. Je suis ici chez moi, j’adore faire ma tête d’âne, si j’ai pas envie qu’on m’attrape et bien je trotte, oui, je trotte et ceci grâce à Nathalie, Patrick, Fabrice et les membres de l’association qui ont mis tout en œuvre pour me sauver, me donner la possibilité de me déplacer comme avant et ils ont réussi.

Des ignobles personnages se sont moqués d’eux en disant qu’ils perdaient leur temps à soigner « un âne »que ça en valait pas la peine, qu’ils n’y arriveraient pas et pourtant, je suis encore là et désormais je peux me permettre de botter le derrière à toutes ces personnes et leur crier que même si je ne suis qu’un « âne » j’ai autant droit au respect, aux soins et à l’amour. J’ai trouvé en ce refuge tout ce bonheur et je ne serais pas mise à l’adoption car non seulement des semaines voir des mois de soins seront encore nécessaires pour continuer à me rendre un joli membre sain et solide mais je suis devenue également une des mascottes du refuge d’Hêliominos et une preuve de l’efficacité de cette petite association qui malgré le peu de moyens dont elle dispose met tout en œuvre pour réparer les idioties et incompétences de certains propriétaires d’animaux.

Nous sommes en octobre 2010, ça va bientôt faire deux ans que je suis au refuge, tout va très bien pour moi, concernant ma « gambette », une surveillance continue et quelques soins de temps en temps pour des égratignures mais rien de bien méchant, je croque la vie à pleine dents ! J’ai une nouvelle copine : Stella, qui est arrivée au refuge depuis le mois de mars, on est inséparables toutes les deux !

Mai 2011, Poupette est vraiment la spécialiste pour se mettre dans des situations catastrophiques !! Il est 17h lorsque Nathalie et Patrick passent voir les ânes et les ponettes au pré. Zut, il manque Poupette à l’appel. Nathalie fait le tour des 3 hectares et découvre la pauvre Poupette complétement embourbée, il ne reste plus que la tête qui sort de cette boue « mouvante » !! Afin d’éviter qu’elle ne se noie, Patrick lui tient la tête hors de la boue pendant que Nathalie remonte chercher des pelles et tout le matériel nécessaire pour la sortir de ce mauvais pas. Monique et son ami Dominique nous viennent en renfort. Durant plus de 2h30, nous creusons un trou de 1m40 de profondeur et de 1 mètre de large tout autour de Poupette pour essayer de trouver ses membres afin de savoir dans quel sens elle se trouve et la sortir de là.

Poupette est à bout de force. Afin d’éviter qu’elle ne continue à s’enfoncer et nous aussi, nous arrivons à glisser sous elle des tapis et enfin 2h45 après, nous arrivons à la sangler sous les épaules, le ventre et l’arrière train pour pouvoir la tirer à l’aide du tracteur.

Encore 10 minutes d’efforts et victoire ! Poupette est enfin de retour sur le plancher des vaches !!! Il était temps, nous la prenons vite en charge pour la réchauffer et la mettons aussitôt sous antibiotique car elle a plein d’eau boueuse dans les poumons. Sa bonne étoile l’a encore protégée et sommes arrivés juste à temps pour la sauver ! Comme quoi il est très important de toujours surveiller les équidés au pré car un accident est vite arrivé ! Après une bonne douche, 6 jours de soins, Poupette est remise de ses émotions et a retrouvée son mauvais caractère habituel. Sacrée Nanou, tu sais que tu nous en fais voir mais on t’adore !!

Vous pouvez  aider l’association en me parrainant, non seulement, vous participerez à m’offrir une vie paisible et heureuse au sein de ce refuge mais vous serez également partenaire du sauvetage d’autres équidés. Quoi de plus beau que de se dire qu’au moins une fois dans sa vie on aura participer à donner du bonheur !

N’hésitez pas à contacter l’association !  Ça en vaut vraiment la peine, si je suis toujours en vie, c’est grâce à eux.

Poupette1

2013: Voilà 5 ans que je suis au refuge, tout va très bien pour moi, je n’ai aucune souffrance de mon membre « réparé! » et je profite à fond de ma vie au refuge. Je suis la chef du troupeau des ânes, comme quoi même avec une jambe handicapée je n’ai rien à envier aux autres. Le seul hic c’est que je ne dois pas plaire car à part le directeur d’une société du 91, Embal Service qui me parraine sinon personne d’autre, pourquoi, est ce mon handicap qui vous freine??? moi çà ne me dérange pas voyez sur les photos ci-dessous, çà ne m’empêche pas de vivre…

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Une Réponse à “Poupette – âne”

  1. stephanie dit :

    Ce que vous faite et MAGNIFIQUE….

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